top of page

« L'infirmière m'a chuchoté que j'étais le diable et que j'allais brûler en enfer »

  • 6 juin 2017
  • 1 min de lecture

C'était en 2000. A l'époque je vivais en Uruguay. Or, l'avortement n'y est légal que depuis peu, avec encore beaucoup d'entraves. Je suis partie en France où j'ai trouvé un gynécologue obstétricien mais j'ai été confrontée à un premier refus. Alors je suis allée au planning et ils m'ont dit qu'il fallait d'abord voir le psychologue. Je n'avais pas le temps, j'ai donc cherché une clinique privée qui m'a dit qu'ils le feraient passer pour une fausse couche.

Le gynécologue était adorable. J’ai été préparée par une infirmière très bien. Quand on m'a emmenée dans la salle d'intervention, elle m'a chuchoté que j'étais le diable et que j'allais brûler en enfer. En fait, le gynécologue était spécialisé dans les fécondations in vitro, elle n’avait sûrement pas l’habitude de pratiquer des IVG. Je m'en suis souvenue au réveil, je l'ai dit à ma mère, puis je l'ai totalement occulté. Je ne m'en suis rappelé que cinq ans plus tard, quand j'ai eu un autre accident : j’ai revu le couloir et la dame au dessus de moi. A ce moment-là, j’étais comme paralysée.

En 2005, j'ai donc dû refaire toutes ces démarches. Je pensais que ça se ferait plus facilement, mais ça a été plus compliqué. Il fallait trouver quelqu'un qui accepte de le faire et on a fini par aller au planning familial pour qu'ils nous donnent une liste de cliniques. Comme j'étais bien couverte par mon assurance à l'étranger, je n'avais pas le problème de devoir absolument faire l'IVG gratuite. Et cette fois, ça s'est bien passé.

Les deux fois, j’ai eu la chance d’être entourée par ma famille.


 
 
 

Commentaires


IVG,

l'accès au droit

Récits d'avortements

  • White YouTube Icon
  • Twitter - White Circle
  • Facebook - White Circle
  • Instagram - White Circle

© 2017 par Marinette

bottom of page