« Il ne fallait pas blâmer mon DIU parce qu'il m'avait quand même protégé pendant deux ans »
- 6 juin 2017
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Ça s'est passé il y a trois ans : j'avais 22 ans. A l'époque, j'avais un DIU en cuivre, mais mes règles n'arrivaient pas... J'ai fait un test, qui était positif. Je suis rentrée chez mes parents et j'ai pris rendez-vous chez ma médecin généraliste. Je lui ai expliqué que c'était une grossesse non désirée. Elle m'a fait une prise de sang, et j'ai pris rendez-vous au planning familial de ma ville.
Lors du premier rendez-vous, le gynécologue du planning m'a dit que les relations sexuelles, c’était pour avoir des enfants. Que le stérilet c'était la protection la moins fiable qui existe, mais qu'il ne fallait pas trop le blâmer parce qu'il m'avait tout de même protégé deux ans... Je lui ai dit que je voulais une IVG médicamenteuse. On était mercredi, et le dernier jour pour la réaliser c'était vendredi. Il aurait pu me donner le premier cachet le jour-même, mais il n'était pas là pour le second, vendredi, et personne ne pouvait le remplacer. Il a donc refusé, ce qui allait m’obliger à recourir à une IVG par aspiration.
Ensuite, il m'a enlevé mon DIU. Il m'a laissé sur la table pendant un quart d'heure, les fesses à l'air devant l'infirmière, pendant qu'il faisait la causette... Je suis sortie du rendez-vous un peu chamboulée. Il m'a présentée à la psychologue de l'hôpital, ce qui est bizarre parce que je suis majeure, donc ce n'est pas obligatoire. Mais il m'a forcée à la voir. Elle m'a demandé « est-ce que vous êtes contre l'IVG ? » et m'a demandé si je comptais le dire à mon copain (on était séparés).
Le jour de l'intervention, ma mère m'a attendue dans la chambre pendant que j'étais en salle d'opération. Là, les infirmières ont été vraiment géniales : pas de jugement ni de condescendance. Le médecin m'a fait une anesthésie locale (le délai pour le faire sous anesthésie générale aurait été encore plus long) et m'a donné un médicament contre la douleur. J'ai eu vraiment mal : comme des règles, mais en vraiment très douloureux. Ca n'a pas duré longtemps, c'était surmontable, mais je tremblais beaucoup après l'opération.
De retour dans la chambre, le gynécologue est venu me voir pour me refourguer une pilule contraceptive, sans me poser aucune question sur mes antécédents. C'était très infantilisant. Puis j'ai eu un autre rendez-vous pour confirmer que l'opération s'était bien passée.
Après tout ça, j'ai décidé d'envoyer une lettre à l'hôpital, mais la seule réponse que j'ai eu c'est que je n'avais pas dû tout bien comprendre, parce que j'étais perturbée par l'opération. J'aurais juste voulu un peu plus de compassion. Il y a une absence totale d'empathie envers la patiente : pour eux c'est banal, mais pas pour nous. Une IVG, même si c'est choisi, ce n’est pas anodin, ça laisse un impact. Au niveau familial aussi, ça a été très compliqué et pendant les mois qui ont suivi, je n'étais vraiment pas bien.
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